Ecotrail de Paris

le 16 mars 2019

 sur 45 et 80 km


 

Il est des compétitions dans lesquelles on s’engage serein, sûr d’arriver, parce que l’on connaît le parcours, parce que la distance nous est familière, parce que le terrain ne présente pas de surprise particulière. Elles ressemblent aux morceaux de musique que l’on écoute encore une fois en anticipant dans notre tête les passages qui nous enchantent ou nous stimulent.

Et il est aussi des compétitions qui secrètent en nous cette saveur de l’inconnu, parce que la distance met très haut la barre du défi, parce que le terrain est semé de surprises inconnues ou dangereuses, parce que les difficultés peuvent gravement changer en fonctions des conditions climatiques. Cette zone inconnue est source d’attirance et de questionnements, un mélange turbulent entre le plaisir attendu et l’incertitude redoutée de l’avenir…

Un diablotin se glisse alors souvent dans la tête du coureur avant l’épreuve pour lui susurrer des questions qu’il voudrait ne pas se poser :   Es-tu vraiment au mieux de ta forme … Ton ambition démesurée pourrait te mener au renoncement pendant l’épreuve … Ta santé pourrait pâtir de ton orgueil… Es-tu vraiment sûr que ta famille et tes amis approuvent ta folie… Que leur diras-tu au cas où tu viennes à éclater en plein vol….

Alors dans un sursaut de volonté, le coureur réaffirme sa détermination et la volonté de se mesurer au défi dont il rêve depuis des mois : il chasse le diablotin et va rejoindre ceux qui seront à ses côtés pendant l’épreuve car il sait inconsciemment qu’eux aussi vivent la même situation. Quelques jours avant l’épreuve, chacun écoute son corps, révise son matériel (Pourquoi prendre une couverture de survie ? Vais-je survivre ?...), et téléphone aux amis comme si l’avenir présentait un non-retour et demandait une salutation qui ressemble à un adieu. Détermination et concentration.

L’Ecotrail de Paris fait partie de ces épreuves : grande distance, terrain hostile et incertain, dénivelé significatif, des ravitaillements rares, un monde totalement différent de celui des croqueurs d’asphalte qui courent avec le chrono en tête. Des bras tendus par les autres trailers dans les passages pentus et délicats, des encouragements authentiques des coureurs eux-mêmes, des portions de parcours partagés avec des inconnus, autant de gestes qui prennent dans le trail toute leur valeur à l’abri des spectateurs… Nous partageons le même monde et respirons le même air…

Cette année, toute notre admiration et toutes nos félicitations vont à Adil et ses guides qui ont terminé l’Ecotrail sur 80 kilomètres après des semaines de préparation intense, et à Philippe et ses guides qui ont partagé pour la première fois l’Ecotrail sur 47 kilomètres.

Le récit de Gilles :


Préambule :

 Après le 45km de l’édition 2018, Adil ne voulait pas en rester là et projetait dès la ligne d’arrivée passée de se lancer un nouveau défi pour l’année suivante.
Sous l’impulsion d’Adil, Marc et moi-même sommes décidés à concourir tous les trois sur la distance phare de l’écotrail de Paris,  depuis le départ à Saint Quentin en Yvelines au travers des forêts de l’ouest parisien jusqu’à une arrivée insolite au premier étage de la tour Eiffel. 80km, 1500 de D+, 92% de nature, 3 points ITRA.

Mi-novembre 2018 :

Nous attaquons sérieusement l’entraînement en augmentant la fréquence de nos sorties et notamment avec des reconnaissances terrain hebdomadaires en forêt de Meudon : montées, descentes, sentiers étroits, obstacles, boue, et ce, même de nuit à la frontale ! On se prépare aussi aux conditions météo imprévisibles de la mi-mars (Adil vous parlera de la fameuse édition 2018 sous la neige !).

15 mars 2019, 19h : (veille de la course)

J’appelle Adil  qui me confirme avoir vérifié ses affaires et son sac qu’il a préparés déjà depuis une semaine !
C’est toujours avec un sentiment mélangeant fébrilité et aussi un peu de nostalgie que se déroule la veille de course.
On ré évoque aussi avec enthousiasme tous ces bons moments d’entraînements passés ensemble ainsi que tous ces mini défis que nous nous étions fixés pour aborder sereinement cette belle épreuve. C’est une nouveauté pour Adil de courir une si grande distance et pour Marc et moi-même une nouveauté de guider sur un temps aussi long.
Nous convenons, Adil et moi-même, de nous retrouver en bas de chez lui le lendemain pour 10h. Nous partirons ensuite ensemble jusqu’à la gare du RER en direction de Saint-Quentin-en-Yvelines où nous retrouverons Marc qui vient de Paris.
Allez… au lit !

16 mars 2019, 11h30 : (40min.  avant le départ)

Après un trajet en RER dont la majorité des voyageurs arborent eux aussi le dossard et le bracelet rouge indentifiable du Trail 80, nous prenons les cars affrétés par l’organisation pour rejoindre la base de loisirs de Saint-Quentin-en-Yvelines où se tient le village départ de l’ ÉcoTrail 80.
La fraîcheur matinale de la mi-mars se fait ressentir, même si pour l’instant le ciel est couvert. Les prévisions météo pour la journée sont plutôt bonnes avec même du soleil.

Nous sommes tout de suite plongés dans l’ambiance animée des derniers instants du départ de course avec 2000 coureurs qui trépignent et leurs supporters venus en force les encourager. Le micro encourage les coureurs et fait un dernier rappel des infos de courses.

Nous retrouvons notre super Géraldine et son mari Yannick qui sont venus nous encourager. Géraldine nous rejoindra ce soir au ravito de Chaville pour finir la course avec nous.

Adil, Marc et moi-même nous frayons un passage au milieu des coureurs pour rejoindre la ligne de départ. Marc qui est bien connu  « dans le milieu » a négocié avec l’organisation un départ anticipé dont fait aussi parti cette année les 2 joëlettes de « Dunes d’espoir » ainsi qu’un coureur unijambiste porteur d’une lame.

Départ : Saint Quentin en Yvelines,12h10, 16 mars 2019,

10,9,8,7,6,5,4,3,2,1… GO !

Ça yest c’est parti, nous nous élançons dans le pré qui nous sépare des rives du lac sur un rythme raisonnable de début de course. Marc et moi-même qui avons déjà goûté à ce type de distance rappelons les consignes que nous nous sommes fixées avec Adil : il ne faut surtout pas se cramer, même si l’excitation, les encouragements du public et le fait d’être pour l’instant en tête de peloton nous donnent des ailes. Ne jamais se mettre dans le rouge et conserver un cardio adapté.
Il ne se passe pas plus de 10 minutes que déjà le peloton de tête commence à nous dépasser, le vainqueur de l’édition 2019 atteindra la Tour Eiffel en 5h46 à vitesse moyenne de 13,83 km/h… sans commentaires.
Le ciel semble se dégager et la fraîcheur matinale laisse maintenant la place à une douceur plus printanière. Nous nous arrêtons sur le côté un bref instant le temps d’ôter la couche qui nous maintenait au chaud pendant l’avant course… et c’est repartit. On contourne le lac et restons sur notre rythme pendant que le premier flot de coureurs continue de nous dépasser. Il ne faut pas tomber dans le piège et tenter de les rattraper ; nous en rattraperons certainement quelques uns dans quelques kilomètres (c’est une partie de ces coureurs pour qui c’est aussi la première « grande distance » qui donnent tout en début de course).

Sur notre gauche, de nouveaux encouragements : « ALLEZ ADIL, ALLEZ ADIL, ALLEZ COURIR-EN-DUO » … nous reconnaissons nos supporters de chocs Géraldine et Yannick qui nous ont rejoint sur ce premier tronçon…  un vrai coup de boost pour maintenir ce bon rythme. Cette foulée est interrompue quelques kilomètres plus loin par le passage obligatoire d’une passerelle qui enjambe une voie rapide. Un des pires entonnoirs de la course ou les 2 000 coureurs se  retrouve en file indienne pour franchir ce passage improbable. Adil qui ne se laisse pas démonter lâche avec l’humour qu’on lui connaît bien « LAISSEZ PASSER LE BIGLEU, NOUS SOMMES PRIORITAIRES ! », auquel tout le groupe incrédule répond par un grand éclat de rire mais aussi une grande admiration.
Nous atteignons vite la sortie de Saint Quentin-en-Yvelines pour nous plonger dans le vif du sujet et un parcours plus « Éco ».
Afin de rester vigilants, nous avons décidé avec Marc de nous relayer au guidage tous les 10km. Le guide « au repos » se charge de mettre en sécurité le binôme en se positionnant à l’arrière pour prévenir les coureurs qui nous dépassent. Cette technique s’avèrera payante car aucun incident avec des coureurs ne sera à déplorer. Nous prenons aussi soin de toujours positionner le guide toujours du côté des coureurs dépassant afin d’éviter les contacts avec Adil. Nous noterons plus tard que l’état d’esprit général de la course était vraiment autour de la bienveillance et que la grande majorité des coureurs rattrapant nous ayant identifiés, attendent les zones moins étroites pour nous dépasser.

C’est au kilomètre 14 que Nicolas nous fait la surprise de sa présence, qu’il s’est vêtu de son magnifique t-shirt jaune courir-en-duo et qu’il nous emboîte le pas pour nous accompagner sur plusieurs kilomètres. Adil maintient bien le rythme sur ce parcours sinueux avec maintenant ses trois guides / garde du corps.

Et c’est sous un beau soleil que nous atteignons déjà le premier ravito.

1er ravito : Buc ,14h44, 16 mars 2019, (temps de course : 02 :30 :06 – distance : 22,7 km – D+ cumulé : 228 m.)

 Nous traversons quelques rues puis rejoignons le parc du château de Buc où se tient ce premier ravito. Nous passons le Bip du contrôle de passage puis nous nous frayons un chemin parmi les coureurs pour rejoindre les tables et avaler quelques tucs, raisins secs et autres carrés de chocolat dans une ambiance festive. Nous savourons ces quelques instants de détente et déjà il faut repartir. Le chronomètre, lui, ne s’arrête pas et notre objectif est quand même d’être finisher, bien entendu, mais surtout d’être finisher au premier étage de la Tour Eiffel, et pour ça, il ne faut pas se faire rattraper par la barrière horaire et risquer de manquer l’accès à la Tour.
Nous quittons donc Buc et reprenons notre rythme.

Jusqu’à cette étape du parcours, cela ressemblait à une sortie « classique » en terme de distance et devons maintenant rentrer dans le vif du sujet et commencer par passer le fameux « mur des 30 kilomètres ».

Nous ressassons sans cesse le fait d’être chanceux pour la météo qui cette année en plus d’être douce nous fait aussi profiter d’un petit soleil maintenant très agréable. Le temps sec de ces derniers jours se fait ressentir sur le parcours qui d’habitude en cette saison est si boueux sur ce type de terrain. Nous ne déplorons que quelques zones « molles » que l’on contournera facilement. Cela joue certainement sur l’humeur des troupes qui reste joviale malgré les kilomètres qui commencent à s’ajouter au compteur.

C’est sur ce constat que survient l’incident qui aurait pu compromettre le reste de la  course. Adil se tord la cheville subitement. Je vois, au rictus qui révèle la douleur qu’il vient de subir, qu’Adil, en plus de ce long trail, fait un effort tout particulier lié à sa condition (ne l’oublions pas). Il m’avait évoqué récemment s’être tordu la cheville à plusieurs reprises lors des entraînements, certainement dû à des chaussures défectueuses. Avec sa volonté de fer, il s’accroche mais le mal est bien là. Nous prenons avec Marc tout de suite la mesure du problème et après l’avoir interrogé sur son état, nous décidons de continuer en évoluant non plus avec la cordelette seule mais en le soutenant avec le bras pour parer à la moindre défaillance.
Et nous reprenons notre rythme en redoublant de vigilance. Les kilomètres défilent sur un parcours toujours aussi sinueux entre les cailloux, racines, branches et coureurs qui nous dépassent et que nous rattrapons à notre tour.

Un autre événement commence aussi à nous préoccuper : les poches à eau dont nous n’avons, par oubli, pas refait les niveaux au dernier ravito commencent sérieusement à baisser. Avec le temps doux et le vent sec qui souffle depuis le début, nous puisons maintenant régulièrement dans nos dernières réserves et devons envisager de nous rationner si nous voulons tenir jusqu’au prochain ravito. Cela vient un peu entacher notre moral après l’épisode de la cheville d’Adil.

Nous sommes alertés quelques kilomètres plus loin par les gémissement de douleur d’une coureuse étendue sur le bas côté. Des crampes aux deux jambes sans doute dues à une mauvaise hydratation la paralyse au sol. Nous décidons de lui venir en aide, c’est aussi ça « l’esprit Trail ». Marc assisté de nous deux lui prodiguons les premiers soins et puisons dans nos dernières réserves pour la réhydrater. Même si cette petite aventure nous coûte au moins 20 minutes sur le chrono elle laissera un bon souvenir lorsque la demoiselle viendra nous remercier plus tard de lui avoir permis de reprendre et surtout terminer la course.

C’est à ce moment que nous nous faisons rattraper par les deux joëlettes des « Dunes d’espoir » avec des équipages toujours en pleine forme entonnant leur refrain « ET UN, ET DEUX, ET DUNES D’ESPOIR… » pour s’annoncer et se donner du baume au cœur. Cette bonne humeur nous donne beaucoup d’énergie et nous permet de relancer la machine en faisant oublier momentanément notre soif. Nous allons jouer au jeu des dépassements pendant quelques kilomètres avec eux, à tour de rôle.

Nous poursuivons notre rythme, enchainant les montées suivis de descentes, pour redémarrer sur de nouvelles montées suivies de nouveau de descentes… quand tout à coup, nous entendons des cris d’encouragement bien connus : « ALLEZ ADIL, ALLEZ ADIL »… nous apercevons, en haut d’une belle montée, deux t-shirts jaune fluo,  ce sont Valérie et Olivier survoltés qui attendaient et guettaient notre passage depuis le tracking (plus ou moins précis du site internet de la course).

Un vrai souffle d’énergie qui vient à point nommé rebooster nos batteries et surtout notre moral. Allez, on ne lâche rien, nous sommes à mi parcours maintenant et le ravito de Meudon n’est plus très loin. Les derniers kilomètres avant la pause tant attendue sont vite avalés avec ce renfort d’équipe « ET UN, ET DEUX, ET TROIS… ET QUATRE, ET CINQ, VIVE ADIL, VIVE COURIR-EN-DUO »

  2ème ravito : Meudon, 19h00, 16 mars 2019, (temps de course : 06 :46 :13 – distance : 47,2 km – D+ cumulé : 802 m.)

 Nous atteignons le parvis du château Saint Philippe à Meudon et passons le Bip du contrôle de passage. Adil remporte déjà une première victoire sur sa plus longue distance en course et même s’il reste encore un bon bout nous sentons que le plus dur est derrière.Nous faisons le plein des poches à eau et décidons de nous accorder quelques instants de repos suivi d’une séance d’étirements nécessaire pour redémarrer dans de bonnes conditions.

 Nous consultons la feuille de course et réalisons que nous ne sommes plus qu’à 20 minutes de la barrière horaire, ce qui nous laisse très peu de marge pour pouvoir finir à temps et surtout monter sur la Tour Eiffel.

La cheville d’Adil qu’il s’est tordue plusieurs fois en chemin ainsi que l’épisode « des bons Samaritains » ont ralenti notre progression. Marc et moi-même proposons à Adil de ne plus « perdre de temps » sur les prochains ravitos.

 Le jour décline, nous en profitons pour nous équiper pour affronter l’étape de nuit en rajoutant une couche chaude et en serrant les frontales sur nos têtes. Une fois équipés, nous repartons toujours accompagnés et soutenus par nos supporters de chocs : Olivier et Valérie.

Nous traversons Meudon et sa portion bitume qui nous semble bien dure après les chemins de terre. Nous avons aussi le sentiment un peu exagéré d’un retour à la civilisation. C’est sur la montée vers l’observatoire que nous quittons chaleureusement Valérie et Olivier pour nous plonger dans la nuit.

L’esplanade atteinte, nous découvrons le magnifique panorama à 180 degrés sur Paris de nuit avec en son centre trônant comme un trophée brillant de mille feux : la Tour Eiffel… notre Graal.

 C’est à la lueur de nos frontales que nous poursuivons notre progression et nous enfonçons dans la forêt de Meudon. Cette fois-ci, il va falloir redoubler de vigilance, la visibilité est très réduite et les pièges nombreux. Nous décidons avec Marc que le guide « au repos » passera devant pour prévenir le binôme des obstacles. Cette solution sera payante et permettra d’éviter de nombreuses surprises.

 Je consulte ma montre régulièrement pour surveiller notre position et surtout notre avancement qui se fait à une allure « nocturne » moins rapide.

Je me remémore la sortie de nuit que nous avions fait en entraînement avec Adil et sur le constat que, pour lui, « ça ne changeait pas grand chose » alors que pour le guide c’est tout le contraire !

En effet pour Marc et moi-même la fatigue liée à la tension non-stop commence à se faire sentir et malgré notre binôme de guides, nous devons redoubler de vigilance et surtout ne pas relâcher notre attention.

 Mais le moral est là et la perspective d’atteindre notre but se précise lorsque nous évoquons ce à quoi peu ressembler l’arrivée, la montée des marches, le finish, la médaille et le repos des vainqueurs !! Mais nous n’y sommes pas encore, allez on ne lâche rien, voilà une descente on relance, « ET UN, ET DEUX ET TROIS ET COURIR-EN-TRIO !»

 On commence à percevoir ce bruit familier du micro et l’éclat des spots crevant le noir de la forêt… YES, le ravito.

3ème ravito : Chaville, 20h45, 16 mars 2019 , (temps de course : 08 :30 :40 – distance : 57,3 km – D+ cumulé : 1010 m.)

 Nous passons le Bip du contrôle de passage et là… notre petit rayon de soleil, et oui, c’est notre Géraldine qui nous a rejoint à nouveau mais cette fois-ci pour nous accompagner jusqu’à l’arrivée avec le célèbre t-shirt jaune fluo de courir-en-duo et sa frontale.C’est exactement le booster dont nous avions besoin.

Nous ne nous attardons pas, après quelques embrassades chaleureuses, nous faisons le dernier plein des poches à eau et reprenons aussitôt la course.

Géraldine prend la relève et guide Adil qui est bien content de retrouver « un peu de douceur féminine dans cette course de brute ». Nous profitons, Marc et moi-même, de cette prise de relais, pour relâcher un peu notre attention et reprendre ainsi des forces.

Le rythme s’en ressent rapidement car malgré le manque de visibilité et le dénivelé positif nous bénéficions de la fraîcheur de Géraldine pour relancer et continuer à doubler des coureurs surpris de cette équipée peu banale pour ce type d’épreuve.

 L’arrivée en forêt de Fausse-Repose franchie, nous traversons maintenant Marnes-la Coquette et passons devant l’ex propriété du chanteur Johnny, c’est à cet instant que notre Adil nous sort, comme à son habitude, à cet endroit même, son célèbre « AAAAH QUE JOHNNY !! » (avec l’accent) ce qui ne manque pas de faire sursauter les coureurs autour et par la même occasion de bien nous faire rigoler.

Nous sommes chez nous maintenant… en terrain conquis… en terre de courir-en-duo… allez GO GO GO, le Parc de Saint-Cloud est là devant nous.

 Une fois les grilles d’entrée du Parc franchies, nous entamons un parcours que nous connaissons bien de 6 kilomètres avant d’atteindre le dernier ravito sur l’allée de la Balustrade.

 4ème ravito : Parc de Saint-Cloud, 22h51, 16 mars 2019,(temps de course : 10 :36 :32 – distance : 69,2 km – D+ cumulé : 1286 m.)

 Nous passons le Bip du contrôle de passage avec une certaine émotion, la Tour Eiffel est là sur notre gauche, à portée de main ou plutôt de pieds. Un coup d’œil à ma montre, allez, on ne s’attarde pas, on repart. On ne sait jamais, nous sommes si près du but et je veux nous laisser la possibilité d’envisager des zones de marche au cas où nous n’aurions « plus de jus ».

Cela ne sert finalement à rien, Adil a retrouvé une énergie (communicative) qu’il a certainement gardée, pour la fin, comme le font les coureurs aguerris, et nous relançons comme si nous entamions une sortie courte du dimanche matin !

Nous croisons David à la sortie du Parc qui vient à son tour renforcer la team des « gilets jaunes » (joke).
Nous quittons la terre pour l’asphalte et déboulons maintenant sur les quais à allure soutenue « PLACE, PLACE… PARDON, PARDON… » nous nous frayons un chemin entre quelques promeneurs interloqués et les supporters.

 Nous poursuivons ainsi sous la lueur des réverbères le long de cette rive du bas Meudon récemment aménagée en promenade arborée.
Nous atteignons l’île St Germain que nous traversons d’une traite avant de retomber à nouveau les quais, l’allure ne faiblit pas. Nous continuons de rattraper des coureurs qu’Adil, remonté à bloc, interpelle en les invitant à rejoindre « le train grand vitesse », toute cette énergie ne manque pas de remotiver ces coureurs qui nous emboitent aussitôt le pas… « ATTENTION TOUR EIFFEL… NOUS VOILÀ ! »

 Nous quittons maintenant les berges d’Issy-les-Moulineaux pour rejoindre celles du 15ème arrondissement. Adil est comme sur un nuage et semble en avoir oublier sa douleur à la cheville. Marc et moi-même restons tout de même vigilants, ce serait trop bête, si près du but.

Nous traversons maintenant l’île aux Cygnes, trait d’union au milieu de la Seine, entre le pont de Grenelle et celui de Bir-Hakeim. Le rythme ne faiblit pas, bien au contraire, et nous voilà le long des péniches et bateaux mouches du port de Suffren… Allez plus que quelques centaines de mètres maintenant.

 Nous gravissons les marches du pont d’Iéna, traversons le quai Branly, les bénévoles avec leurs lampes nous indiquent l’accès du cheminement à parcourir au milieu de la foule des supporters, curieux et autres touristes, pour atteindre le pilier sud ou nous attend « 400 marches » à gravir. On est maintenant large avec le temps que nous avons repris sur la barrière horaire.

 Nous prenons le temps de lever les yeux pour admirer le spectacle qui s’offre à nous, l’impression est vraiment forte, surtout en cette occasion si particulière : gigantesque, étincelante LA TOUR EIFFEL.

 Et c’est avec le sentiment d’être les stars d’un jour que nous entamons « la montée des marches !»

 Nous débutons notre ascension, lentement, prudemment, au cœur de cette structure métallique flamboyante. Nous savourons cet instant, chaque pas, chaque marche. Je regarde Adil qui ne décroche pas de son sourire habituel mais qui prend une dimension toute particulière à cet instant… et oui, cher Adil, tu peux être fier de toi, tu es un champion, tu es notre champion, tu es mon champion.

Plus nous montons, plus Paris semble diminuer sous nos pieds, plus la clameur du micro et la musique remplissent nos oreilles et nos poumons, allez encore quelques mètres… verticaux, ça y est 57 mètres du sol !

 arrivée : Tour Eiffel, 00h25, 17 mars 2019,(temps de course : 12 :11 :17 – distance : 80 km – D+ cumulé : 1413 m.)

 1er étage, tout le monde descend ! Ou plutôt tout le monde arrive ensemble… le chrono lumineux s’arrête sur 12h 11min 17sec, la ligne d’arrivée est franchie, l’instant semble suspendu, le micro annonce : « IL L’A FAIT, ET OUI, IL L’A FAIT, BRAVO ADIL, BRAVO LES GUIDES ! »
Nous nous avançons vers les bénévoles qui, en souriant, nous parent des médailles des finishers.

AH AH AH !, je rigole encore de la tête qu’a fait Adil à ce moment, s’attendant à une grosse et lourde médaille… mais non, l’organisation en a créé une en bois pour mieux coller aux valeurs de la course, et oui, dans ÉcoTrail il y a aussi Éco !!

 Nous nous serrons fort, les mots nous manquent mais nos sourires…, le sourire d’Adil,  veulent tout dire.

 Nous trinquons d’être arrivés à bout de cette longue épreuve sportive mais aussi en l’honneur de tous les coureurs-en-duo du week-end qui ont concouru aux autres épreuves de l’édition 2019 de l’ÉcoTrail.

 « ALORS ? ELLE EST PAS BELLE LA VIE ? » (Citation d’un champion que nous connaissons bien ).

 

Merci Adil
Merci Marc
Merci Géraldine et Yannick
Merci Nicolas, Olivier, Valérie et David
Merci aux coureurs-en-duo
Merci à nos supporters et à ceux qui nous supportent (RIRES)
Merci aux organisateurs
Merci aux bénévoles

Gilles  – Guide



Des photos (cliquer pour agrandir )  et une vidéo (53 Mo en mp4)

 














































































































































































































































































































































Ecotrail 80 au départ
Ecotrail 80 au départ
Ecotrail 80: départ à Saint Quentin
Ecotrail 80: départ à Saint Quentin
Ecotrail 80 : Adil à l'arrivée
Ecotrail 80 : Adil à l'arrivée
Ecotrail 80 : progression en forêt
Ecotrail 80 : progression en forêt
Ecotrail 80 : passage à Bir Hakeim
Ecotrail 80 : passage à Bir Hakeim
Ecotrail 80 : dernier raitaillement
Ecotrail 80 : dernier raitaillement à Saint Cloud
Ecotrail 80 : Montée de la Tour Eiffel
Ecotrail 80 : Montée de la Tour Eiffel
Ecotrail 80 : Arrivée au premier étage de la Tour
Ecotrail 80 : Arrivée au premier étage de la Tour
Ecotrail 80 : Adil se reprend..
Ecotrail 80 : Adil se reprend..
Ecotrail 45 : Chateau de Versailles
Ecotrail 45 : Chateau de Versailles
Ecotrail 45 : Arrivée au Trocadéro
Ecotrail 45 : Arrivée au Trocadéro
Ecotrail 45 : Bois de Chaville
Ecotrail 45 : Bois de Chaville

Ecotrail 45 : Ligne d'arrivée au Trocadéro
Ecotrail 45 : Ligne d'arrivée au Trocadéro